Pharmak(ha)os

Un globe qui saigne avec un entonnoir sur la tête. Un titre qui parle de chaos, de médecine mais qui m’annonce aussi que tout ceci va être rythmé par un certain rire jaune.  Dès le début, l’affiche et le titre m’ont intriguée. Et dès que j’ai jeté mon nez à l’intérieur du programme et du descriptif du spectacle, ma curiosité est devenue plus forte encore. Une équipe très grande, ce qui est rare au théâtre puisque les moyens sont faibles, et un sujet très pertinent: la croyance. Lançons nous à la découverte de la compagnie CIRAAM et revenons à l’Espace Libre, théâtre que j’affectionne particulièrement.

La pièce développe bien les débordements religieux actuels en faisant de grandes références au mythe d’Oedipe et d’Antigone. Pascal Contamine crie haut et fort ses révoltes … peut être un peu trop. L’équipe artistique semble fantastique: des comédiens super (un bravo tout particulier à Martin Choquette et Anne Sabourin pour leur jeux ainsi qu’à Xavier Malo et Maxime Paradis pour leur propositions acrobatiques et dansées offrant un nouveau souffle au texte qui s’essouffle), des «techniciens» se complétant parfaitement (entre la lumière de Mathieu Marcil et le son de Phillipe Lonergan, l’entente était parfaite),  et un nombre incroyables de bras motivés et certainement doués. Mais, il me semble que Pascal Contamine n’a pas réussi a exploiter suffisamment son équipe et s’est laissé emporter par les mots. Trop de paroles, trop de jeux de mots, trop de blabla qui, dans la deuxième partie n’est même plus écouté.


Néanmoins, face à cette perte de rythme, de beaux moments ressortent comme la danse des lampes dans la deuxième partie, le passage où Joseph se dessine une croix sur le bras avec son sang pendant que le choeur chante …  Au final, c’est à chaque fois, que la parole cesse …  Les propositions de Pascal Contamine sont trop dites, pas assez explorées physiquement et émotionnellement. Le spectateur entend le discours, enfin, il n’a pas réellement le choix, mais les paroles ne l’atteignent plus au bout d’un certain moment parce que le sujet est présenté d’une manière conventionnelle qui lasse. Le spectacle n’est pas trop long dans la durée (nous sommes largement capables de suivre des pièces de quatre ou même dix heures) mais il est difficile de tenir toute la première partie par le manque d’évolution de la mise en scène et surtout de propositions originales ( la deuxième partie, plus courte et plus dynamique parce que plus physique est un peu moins difficile même si les 40 minutes ne proposent pas de grandes nouveauté).

Le sujet et les propos sont justes, l’équipe complète, motivée et talentueuse, l’espace théâtral fantastique.. il suffit de laisser la magie opérer et de rester simple. L’illustration est, à mon goût, un peu forte et les propos trop appuyés.

Je ne peux que conseiller d’aller voir cette pièce parce pour l’équipe et les propositions. Pour s’interroger sur la mise en valeur des comédiens et afin de savoir comment développer un sujet déjà utilisé à droite à gauche. Comment sortir des images faciles et des moyens d’émouvoir classique?

Pièce qui se joue jusqu’au 17 décembre à l’Espace Libre (1945 rue Fullum, Montréal)

Mise en scène: Pascal Contamine

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s