Une déambulation à travers un monde à la fois étrange et tellement commun

M. déambule le temps d’une nuit dans un monde bien suspect où l’ordre des choses est totalement mélangé. L’animalité de l’homme ressort au grand jour et prend même le rôle principal. M. se retrouve seul face à une horde de fauves (loups? chiens?) et doit se protéger. Car oui, même le public s’abstient de toute aide lorsque le comédien est menacé. C’est ceci qui m’é énormément touchée et perturbée dans cette pièce: la place donnée aux spectateurs à travers la scénographie déambulatoire. Nous encerclons d’abord le personnages principal (est-ce nous la menace?) et restons statiques face aux attaques du « frère ». Puis, nous sommes assis plus ou moins face aux couples dans l’appartement. Assis, donc, encore plus passifs mais toujours sur scène alors, intégrés à l’histoire et ensemble, en groupe. Serait-ce nous la communauté de loups évoqués tout au long de la pièce? Dans un dernier temps, nous voilà dans les gradins pour assister à la fin de la décadence de l’ordre humain.

Le trouble est présente grâce à une scénographie en perpétuel changement mais aussi grâce à l’accompagnement sonore très juste des deux musiciens (visibles sur scène). J’aurais peut-être voulu pousser un peu plus leur intégration en tant que « personnages » dans la pièce mais ceci n’est qu’un détail. Chaque espace, chaque personnage avait une couleur sonore. Nous pourrions croire que cela permettrait une certaine stabilité dans ce chaos (retrouver au moins une mélodie entendue quelques minutes plus tôt) mais cela n’est pas le cas. Tout tourne, tout se mélange … Même les instruments ne sont pas utilisés de manière classique.

Trouble, remise en question sur ma place dans la société et curiosité, ce sont peut-être les trois états dans lesquels je me retrouvais après la représentation. Un beau chalenge bien relevé avec quelques petites longueurs mais c’est un petit détail.

Merci à l’équipe d’avoir choisi ce fabuleux auteur qu’est Marius Von Mayenburg et merci au Centre Segal d’avoir programmé cette mise en scène.

Le Chien, la nuit et le couteau, au Centre Segal jusqu’au 25 février 2012. Une production de la compagnie Quitte ou Double (http://productionsquitteoudouble.com/)

http://www.segalcentre.org/fr/2011-2012/a-laffiche/theatre/studio-theatre/le-chien-la-nuit-et-le-couteau-2/

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