La beauté des mots, la justesse d’un jeu mais …

Martin Bellemare nous offre avec Le chant de Georges Boivin une forte quantité d’amour. Avec légèreté, humour et sincérité, il traverse des sentiments forts de l’amitié et de l’amour qui nous évoquent à chacun des souvenirs et provoquent certaines émotions. Et c’est à travers la voix et le jeu de Pierre Collin que j’ai pu découvrir cette belle oeuvre. Lorsque je l’ai vu sur scène, j’avais le sentiment d’avoir la mise à nu du comédien. Comme s’il devenait réellement Georges Boivin voire qu’il l’avait toujours été. Le manque de distanciation aurait pu jouer contre le jeu de l’acteur mais pour ma part, j’ai trouvé que cela rajoutait à l’honnêteté du moment. Les « bafouillements », petites confusions ou autres passaient sans problème. Ils m’ont même un peu plus attendrie face au personnage.

Pierre Collin nous a transportés lorsqu’il nous parlait de son voyage, nous touchait lorsqu’il évoquait son premier amour avec une certaine culpabilité envers sa femme décédée, nous faisais rire avec les blagues sur ses amis. Mais, l’engouement n’a pu être total face à la mise en scène qui, pour moi, m’apparaît caricaturale. L’écriture et le jeu nous dessinaient les images du voyage, pourquoi rajouter du son et des appels de phares pour illustrer le propos ? Au lieu d’insister sur l’ambulance, pourquoi ne pas laisser plus de temps au comédien sur le silence du à la douleur face à la mort de son meilleur ami ? Et pourquoi transformer le magasin de fleurs en salle mortuaire avec ces ensemble de roses rouges? Pour ma part, la scénographie essayait d’illustrer, d’appuyer la parole et ceci ne fait que nous enfermer dans une image qui n’est pas toujours la bonne. L’esthétique est essentielle dans l’excitation de l’imaginaire. N’aurait il pas été plus judicieux de passer du temps sur la lumière et d’offrir un concept neuf plutôt que sur des accessoires « kitsch » ?

Une direction d’acteur parfois à côté aussi. Les allers et venues dans le public me coupaient plus dans la narration que de m’y plonger, le hurlement lors de la recherche du fleuriste ne pouvait coller avec la rapidité du moment et la volonté intense, les accents pris de chaque personnage étaient une imitation du comédien du personnage et non le jeu du comédien jouant Georges qui imitait son meilleur ami par exemple …

Je semble m’attarder sur des détails mais l’ensemble de cela m’a personnellement un peu gachée le plaisir de la langue et du jeu. J’aurais pu partir plus loin mais on m’en a empêchée par des décisions faciles et parfois même hors de propos.

Ni mauvais, ni spectaculaire, Le Chant de Georges Boivin nous offre néanmoins une écriture douce dans la musique et forte dans l’émotion et un comédien d’une grande honnêteté . Bravo à Martin Bellemare pour cette transposition juste des sentiments et à son traducteur Pierre Collin.

Le Chant de Georges Boivin à la Ballustrade du Monument National du 11 au 27 octobre 2012 à 20H.

1182 boulevard Saint Laurent. Réservation au 514 871 2224

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