Amours fatals ou la confirmation du talent d’Omnibus

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Pourquoi Amours Fatals est, pour moi, une pièce politique ? Parce que le travail de dramaturgie rend Racine accessible à chacun. Le travail d’écriture joue de nouveau ( cela a été le cas pour Fatals, l’année passée) sur le double niveau. Permettre aux plus novices de comprendre et d’apprécier des Grands Classiques et aux habitués de voir un nouveau point de que sur trois pièces qu’il connaissent par coeur. Pour commencer, Jean Asselin (assisté de son équipe) a réussi à nous faire trois pièces en 1H45. Les coupures effectuées dans les textes nous « résument » parfaitement les trois récits. Aucune perte ressentie pour les moyens-puristes, comme moi, et les vers du grand auteur ont été conservés. L’adaptation permet de s’intéresser au principal , le synopsis de l’amour, et ainsi de travailler sur un autre point : la tenue dans le temps.  Racine nous parle de l’oppression de la société sur les choix personnels, du formatage que nous pouvons subit. Mais il prouve aussi que chacun doit être maître de son destin. L’amour est peut-être moteur, une étincelle mais ce qui est décidé, au final, vient de nous. Comprenez à quel point ce sujet me ravi ! 

Ne restons pas seulement sur le thème mais regardons aussi la forme. De la poésie, des histoires d’amour, des comédiens de grand talent qui portent avec force les mots de Racine … La forme est très belle. Une personne ne souhaitant que du divertissement se laisse entraîner par les vers, la musique des verbes dans une ambiance lumineuse très intéressante. Parce que oui, félicitons de nouveau l’équipe d’Omnibus. Fatals m’avait convaincue du talent des comédiens, de la justesse de la direction d’acteur de Jean Asselin mais aussi et surtout du toucher du concepteur d’éclairages : Mathieu Marcil. 

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Je tenais à féliciter, de nouveau, cet homme de l’ombre ( https://lulilulblog.wordpress.com/2013/04/18/un-merveilleux-shakespeare-dans-une-superbe-mise-en-scene/) . Amours Fatals joue sur trois scénographies statiques avec au final cinq changements d’éclairages visibles : l’entrée public, la scène 1, la scène 2, la scène 3 et le noir final (en réalité, il y a 15 cues). Aucun mouvement ne lui a été autorisé en dehors de cela (beau chalenge non ?). Et pourtant, il a su en donner sans bouger ses « lampes ». En fonction du mouvement des corps des comédiens, ces derniers recevaient des nuances d’éclairages à la fois subtiles et fortes. Puis, tout en restant dans l’espace de jeu, il pouvaient disparaître de notre récit (puisque le personnage n’était pas dans la scène) puis réapparaître comme par surprise et connaître de nouveau des évolutions sur le visage.  J’ai rarement vu autant de finesse dans l’éclairage. Mathieu Marcil sait nous faire ressentir des émotions sans que nos n’en connaissions la source. Pour moi, c’est sa marque de fabrique : être l’être qui nous émeut sans que l’on sache pourquoi. D’ailleurs j’aurais peut-être souhaité qu’il fasse une proposition plus complexe parce que je suis presque certaine qu’il aurait apporté encore plus de force au propos (ou qu’on lui laisse la possibilité de le faire ?)

 

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Bien entendu, la conception d’éclairage complète trois belles mises en scène. Mais, à mon goût, j’aurais évolué dans une autre scénographie. Elle me semblait trop statique et ne mettant pas toujours en valeur l’oppression et/ou les mots de l’auteur. C’est pour cela que pour moi, l’éclairage aurait pu certainement dynamiser le tout. Mais cela est une façon de titiller. Parce que l’ensemble de toute cette représentation était passionnante. Jean Asselin s’est associé de Réal Bossé et de Sylvie Bosseau : une nouvelle formule pour Omnibus. Mais une formule qui marche puisque les trois metteurs en scène ne complètent parfaitement et s’accordent sans problème. Mais mon article souhaitait mettre en valeur l’homme de l’ombre alors je ne m’étendrais pas sur la scénographie qui fut le point négatif de la pièce. 

 

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Allez vous régaler avec ces presque 2h de vers superbes portés par des voix sublimes ! Faites vous plaisir au milieu de ce froid et de la neige. Allez vous réchauffer à l’Espace Libre jusqu’au 8 mars !

 

http://www.espacelibre.qc.ca/amours-fatales

 

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